TOBEEN confirme son statue d'artiste recherché

L'artiste d'origine bordelaise a mis en valeur avec passion lors des premières années de sa carrière ses séjours prolongés au Pays Basque. Etabli à Paris, il développe une carrière discrète autour des artistes prestigieux des années 1910-1920, développant un style unique où le cubisme se trouve mêlé à des applats de couleur traités avec une touche dynamique.
Le tableau vendu le samedi 24 octobre 2026, était, une fois n'est pas coutume, une vue de Picardie. Retiré un Saint-Valéry-sur-Somme au milieu des années 1920, Tobeen ne revient plus au Pays Basque, mais sa peinture continue de prendre les mêmes accents.
Exposée au Salon d’Automne de 1929, cette huile sur toile de l’artiste ne porte pas sur un sujet basque. Elle n’en revêt pourtant pas moins une grande importance quant à son contexte de réalisation. Saluée par le critique Gustave Kahn dans son rapport au Mercure de France, notre composition intègre les éléments de modernité, au centre de l’attention en cette année 1929. En effet, l’année 1929 et son édition du Salon d'Automne voit percer au grand public le travail de Charles-Edouard Jeanneret et Charlotte Perriand à travers deux créations majeures : la chaise longue LC4 (brevetée le 8 avril 1929) et la présentation au même Salon, du célèbre « Equipement d’habitation » qui posera les jalons du design moderne et contemporain. 1929 est également la date de la création de l’Union des Artistes Modernes (U.A.M) et de la rupture de ses fondateurs avec le Salon des Artistes Décorateurs (SAD), l’Art Nouveau et l’affirmation de la couleur. Ce contexte est nécessaire à la lecture de notre oeuvre. La technique picturale et le choix dans la palette de couleurs est résolument moderne et fidèle aux créations de l’artiste qui a développé son langage pictural grâce aux paysages Basques. Le mouvement quant à lui, occupe une place importante dans ses créations de la fin des années 1920 : la Nageuse de 1927 récemment passée sur le marché des ventes aux enchères publiques le démontre. Le point primordial de notre composition réside dans la rupture représentée dans le coin inférieur gauche de la composition. Un motard dévale la route à toute vitesse devant une paysanne et son bœuf. Cette opposition entre tradition et modernité est résolument ancrée dans l’ère du temps. Par cette représentation, l’artiste adhère aux idéologies modernistes développées par l’U.A.M et présente, à sa manière, cette volonté de rupture et de fascination pour la mécanique. L’esthétique d’un moteur à explosion et la simplicité brute de la mécanique transperce le calme de cette Route Picarde, représentation d’une rupture entre la ruralité basque et la modernité en marche dans le Nord de la France. L’architecture paysanne, frontale, représentée ici dans des tons ocres - qui n’est pas sans rappeler les couleurs employées pour représenter la Rhune (Vente Côte Basque Encheres 18.04.2026 n°237) contraste également avec l’architecture nouvelle du Nord de la France et la réalisation de l’immeuble moderne par excellence : la Villa Cavrois réalisée par Robert Mallet-Stevens la même année. Dernier détail, un personnage de profil est représenté à sa fenêtre au centre de la composition. Ce dernier semble représenter un peintre à son chevalet : un autoportrait ?
Avec 71 250 € obtenue dans la salle des ventes de Saint-Jean-de-Luz, Maîtres Lelièvre et Cabarrouy commissaires-priseur, réalisent ici la 7e plus importantes enchères pour Tobeen, soit la 2e pour un sujet non Basque. (Source : artprice.com)